University of British Columbia
Public research university with campuses in Vancouver and Kelowna, British Columbia.
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2024: Alberta Wildfire’s seasonal statistics
Infographic with Alberta Wildfire statistics for 2024 wildfire season
Infographie présentant les statistiques sur les feux de forêt en Alberta pour la saison 2024.
A tale of two fire systems: indigenous fire stewardship in British Columbia and California
An increasing wildfire problem in western North America has created a policy space for Indigenous fire stewardship (IFS) to mitigate wildfire. We compare how British Columbia and California have supported IFS—two jurisdictions with distinct ecosystems but similar histories of colonialism and its socio-ecological consequences. We examine how IFS is incorporated into each jurisdiction’s institutional framework, and the barriers to, and opportunities for implementation.
L’aggravation du problème des feux de forêt dans l’ouest de l’Amérique du Nord a ouvert un espace politique propice à l'intendance autochtone du feu (IAF) afin d’atténuer ces incendies. Nous comparons la manière dont la Colombie-Britannique et la Californie ont soutenu l’IAF — deux territoires dotés d’écosystèmes distincts, mais partageant un passé colonial similaire et ses conséquences socio-écologiques. Nous examinons comment l’IAF s’intègre dans le cadre institutionnel de chaque territoire, ainsi que les obstacles et les possibilités liés à sa mise en œuvre.
Breaking the Cycle: Wildfires
The Clear Cut podcast is a deep dive into Canada’s approach to forest management. In this episode we return to our conversation with fire ecologist Jen Baron from the University of British Columbia and turn our focus to strategies for managing those factors within our control. We explore tools that can break the cycle of a century of fire suppression. What are the opportunities for forestry and what is missing from the public discourse on wildfires?
Le balado « Clear Cut » propose une analyse approfondie de l’approche canadienne en matière de gestion forestière. Dans cet épisode, nous reprenons notre conversation avec Jen Baron, écologiste spécialiste des feux de l’Université de la Colombie-Britannique, et nous nous concentrons sur les stratégies visant à gérer les facteurs qui relèvent de notre contrôle. Nous explorons les outils susceptibles de briser le cycle d’un siècle de lutte contre les feux. Quelles sont les possibilités pour la foresterie et qu’est-ce qui manque dans le discours public sur les feux de forêt?
Cooperative community wildfire response: Pathways to First Nations’ leadership and partnership in British Columbia, Canada
With the growing scale of wildfires, many First Nations are demanding a stronger role in wildfire response. Disproportionate impacts on Indigenous communities (including First Nations, Métis, and Inuit) in Canada are motivating these demands: although approximately 5 % of the population identifies as Indigenous, about 42 % of wildfire evacuation events occur communities that are more than half Indigenous. In what is now known as British Columbia, Canada, new pathways for cooperative wildfire response between First Nations and provincial agencies are emerging. Drawing from semi-structured interviews with 15 experts from First Nations communities and agencies, and a review of 42 documents on wildfire response, our research highlights the diverse existing capacities, priority opportunities, and processes required to enhance cooperative pathways. Within First Nations communities, existing capacities include local knowledge, firefighting experience, equipment, funding, relationships, and leadership – an overlooked but fundamental capacity. Priority opportunities include ways to build capacity within and beyond wildfire response, such as fully equipped response crews, full-time year-round wildfire management crews, Emergency Management Coordinators, First Nations Liaisons, and cross-trained wildland and structural crews. Translating existing capacities into priority opportunities requires an ongoing focus on cooperative processes, including relationship-building, respecting Rights and Title, streamlining funding, and enabling “cultural safety” to overcome racism. These cooperative pathways can help transform wildfire governance toward First Nations-led partnerships.
Face à l’ampleur croissante des feux de forêt, de nombreuses Premières Nations réclament un rôle plus important dans la lutte contre ces incendies. Ces revendications s’expliquent par les répercussions disproportionnées subies par les communautés autochtones (notamment les Premières Nations, les Métis et les Inuits) au Canada : bien qu’environ 5 % de la population s’identifie comme autochtone, environ 42 % des évacuations liées aux feux de forêt concernent des communautés composées à plus de la moitié d’Autochtones. Dans ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de Colombie-Britannique, au Canada, de nouvelles voies de collaboration entre les Premières Nations et les organismes provinciaux en matière d’intervention en cas d’incendie de forêt voient le jour. S’appuyant sur des entrevues semi-structurées menées auprès de 15 experts issus de communautés et d’organismes des Premières Nations, ainsi que sur l’analyse de 42 documents relatifs à la lutte contre les incendies de forêt, notre recherche met en lumière la diversité des capacités existantes, les possibilités prioritaires et les processus nécessaires pour renforcer ces voies de collaboration. Au sein des communautés des Premières Nations, les capacités existantes comprennent les connaissances locales, l’expérience en matière de lutte contre les feux de forêt, l’équipement, le financement, les relations et le leadership – une capacité souvent négligée, mais fondamentale. Les possibilités prioritaires comprennent des moyens de renforcer les capacités dans le cadre de la lutte contre les feux de forêt et au-delà, tels que des équipes d’intervention entièrement équipées, des équipes de gestion des feux de forêt à temps plein toute l’année, des coordonnateurs de la gestion des urgences, des agents de liaison des Premières Nations et des équipes polyvalentes formées à la fois à la lutte contre les feux de forêt et aux incendies de bâtiments. Pour transformer les capacités existantes en possibilités prioritaires, il faut mettre l’accent de façon continue sur les processus de collaboration, notamment l’établissement de relations, le respect des droits et des titres, la rationalisation du financement et la promotion de la « sécurité culturelle » pour surmonter le racisme. Ces voies de collaboration peuvent contribuer à transformer la gouvernance en matière de feux de forêt vers des partenariats dirigés par les Premières Nations.
Fifty years of wildland fire science in Canada
We celebrate the 50th anniversary of the Canadian Journal of Forest Research by reflecting on the considerable progress accomplished in select areas of Canadian wildland fire science over the past half century. Specifically, we discuss key developments and contributions in the creation of the Canadian Forest Fire Danger Rating System; the relationships between wildland fire and weather, climate, and climate change; fire ecology; operational decision support; and wildland fire management. We also discuss the evolution of wildland fire management in Banff National Park as a case study. We conclude by discussing some possible directions in future Canadian wildland fire research including the further evaluation of fire severity measurements and effects; the efficacy of fuel management treatments; climate change effects and mitigation; further refinement of models pertaining to fire risk analysis, fire behaviour, and fire weather; and the integration of forest management and ecological restoration with wildland fire risk reduction. Throughout the paper, we reference many contributions published in the Canadian Journal of Forest Research, which has been at the forefront of international wildland fire science.
Nous soulignons le 50e anniversaire de la Revue canadienne de recherche forestière en faisant le point sur les progrès considérables accomplis dans certains domaines de la science canadienne des feux de forêt au cours du dernier demi-siècle. Plus précisément, nous abordons les développements et les contributions clés dans la création du Système canadien d’évaluation du danger d’incendie de forêt; les relations entre les feux de forêt et la météo, le climat et les changements climatiques; l’écologie du feu; l’aide à la décision opérationnelle; et la gestion des feux de forêt. Nous abordons également l’évolution de la gestion des feux de forêt dans le parc national de Banff à titre d’étude de cas. Nous concluons en examinant certaines orientations possibles pour la recherche future sur les feux de forêt au Canada, notamment l’évaluation plus approfondie des mesures de la gravité des feux et de leurs effets; l’efficacité des mesures de gestion des combustibles; les effets du changement climatique et les mesures d’atténuation; le perfectionnement des modèles relatifs à l’analyse des risques d’incendie, au comportement du feu et aux conditions météorologiques propices aux feux; ainsi que l’intégration de la gestion forestière et de la restauration écologique à la réduction des risques liés aux feux de forêt. Tout au long de cet article, nous faisons référence à de nombreuses contributions publiées dans le Canadian Journal of Forest Research, qui se situe à l’avant-garde de la science internationale des feux de forêt.
How bureaucracies interact with Indigenous Fire Stewardship (IFS): a conceptual framework
Indigenous Fire Stewardship (IFS) is contested within settler-colonial contexts, where its development is shaped by complex and dynamic socio-cultural, legal, and political factors. This manuscript draws from the policy sciences to sketch out a “zone of interaction” between IFS and the state’s wildfire policy system. Drawing from the strategies of bureaucracies, our goal is to illustrate the patterns in this “zone of interaction,” and to identify the implications for IFS, as well as for Indigenous Peoples and landscapes.
L'intendance autochtone de feu (IAF) fait l’objet de controverses dans les contextes coloniaux de peuplement, où son évolution est façonnée par des facteurs socioculturels, juridiques et politiques complexes et dynamiques. Cet article s’appuie sur les sciences politiques pour esquisser une « zone d’interaction » entre l’IAF et le système de politiques gouvernementales en matière d’incendies de forêt. En nous appuyant sur les stratégies des administrations, notre objectif est d’illustrer les dynamiques à l’œuvre dans cette « zone d’interaction » et d’en identifier les implications pour l’IAF, ainsi que pour les peuples autochtones et leurs territoires.
Proactive Management to Mitigate Wildfire Risk Across Diverse Forests of British Columbia
There are gaps in the current knowledge surrounding proactive wildfire management strategies. This presentation was featured as a short “lightning talk” at the 2025 WRCC Building Foundational Knowledge Gathering, where recipients of Wildfire Resilient Futures Initiative (WRFI) funding from Natural Resources Canada shared key takeaways of their projects and demonstrated how their work is contributing to a more wildfire resilient future.
Il existe des lacunes dans les connaissances actuelles concernant les stratégies proactives de gestion des feux de forêt. Cette présentation a été présentée sous forme d’un bref « exposé éclair » lors du rassemblement « Building Foundational Knowledge » du CRFFC de 2025, où les bénéficiaires d’un financement de l’Initiative pour un avenir résilient face aux feux de forêt (WRFI) de Ressources naturelles Canada ont partagé les principaux enseignements tirés de leurs projets et démontré comment leur travail contribue à un avenir plus résilient face aux feux de forêt.
Rebuilding Yunesit’in fire (Qwen) stewardship: Learnings from the land
Yunesit’in First Nation is reclaiming fire stewardship after generations of suppression. Applying a “learning by doing” approach, Yunesit’in members plan and implement proactive fire practices to the landscape, which are low intensity cool burn fires driven by the needs of the landscape and community goals. Through a structured monitoring and evaluation process, the participants generate knowledge and science on fire stewardship; the outcomes are documented and mobilized in various ways, including video, photos, and peer-reviewed articles. The pilot program has initially been evaluated through four general measures: area stewarded (in hectares); people employed and trained (number and diversity of people employed); the level of planning, vision, and program sustainability (generating plans where fire is a tool to meet the goals in these plans, supported by carbon funds); and partnerships and knowledge mobilization, (fostering partnerships for knowledge production and mobilization). On these measures, the program is growing and is a success. A holistic framework is being developed by the community, which encompasses ecological, social, economic, and cultural indicators, including a health and wellbeing evaluation framework to assess the physical, mental health and wellbeing benefits for participants in the program. A holistic approach is critical for understanding the connection between people, place and the role that fire stewardship plays in mediating positive outcomes.
La Première Nation Yunesit’in se réapproprie la gestion du feu après des générations de répression des feux. En adoptant une approche d’« apprentissage par la pratique », les membres de la Première Nation Yunesit’in planifient et mettent en œuvre des pratiques proactives de gestion du feu sur le territoire, qui consistent en des feux de faible intensité et à basse température, dictés par les besoins du territoire et les objectifs de la communauté. Grâce à un processus structuré de suivi et d’évaluation, les participants acquièrent des connaissances et développent une base scientifique sur la gestion des feux; les résultats sont documentés et diffusés de diverses façons, notamment par le biais de vidéos, de photos et d’articles évalués par des pairs. Le programme pilote a d’abord été évalué à l’aide de quatre indicateurs généraux : la superficie gérée (en hectares); les personnes employées et formées (nombre et diversité des personnes employées); le niveau de planification, de vision et de durabilité du programme (élaboration de plans où le feu est un outil permettant d’atteindre les objectifs fixés, soutenue par des fonds liés au carbone); ainsi que les partenariats et la mobilisation des connaissances (favoriser les partenariats pour la production et la mobilisation des connaissances). Au regard de ces indicateurs, le programme prend de l’ampleur et constitue un succès. Un cadre holistique est en cours d’élaboration par la collectivité; il englobe des indicateurs écologiques, sociaux, économiques et culturels, y compris un cadre d’évaluation de la santé et du bien-être visant à mesurer les bienfaits pour la santé physique et mentale ainsi que le bien-être des participants au programme. Une approche holistique est essentielle pour comprendre le lien entre les personnes, le territoire et le rôle que joue la gestion du feu dans l’obtention de résultats positifs.
Reclaiming fire: resistance, resurgence and Indigenous jurisdiction in the climate emergency
Climate-amplified emergencies are vital sites for Indigenous resistance and resurgence, even as climate change compounds layers of colonial oppression. Drawing on the experiences of the Tŝilhqot’in Nation before, during and after record-breaking wildfires in the Nation’s territory (in British Columbia, Canada), this article describes how the Tŝilhqot’in employ strategies of resistance to presumed state authority and resurgence of their own laws and jurisdiction in response to the climate emergency. These record-breaking wildfires vividly illustrate how colonial laws and policies have converged over a century to produce the climate emergency. And yet, dominant discourses around climate change and emergency reproduce Indigenous erasure, vulnerability and marginalization. Counter to these discourses, the Tŝilhqot’in Nation has advanced sophisticated emergency responses in relation to the state. Moreover, the wildfires have prompted Tŝilhqot’in communities to revitalize deep-seated fire stewardship laws and responsibilities to properly care for the land, wildlife and each other in the face of the accelerating climate crisis. The Tŝilhqot’in Nation’s experiences reclaiming fire show how Indigenous resurgence provides pathways out of the climate crisis while also attending to its colonial roots and decolonizing the responses to it.
Les situations d’urgence exacerbées par le changement climatique constituent des lieux essentiels pour la résistance et le renouveau autochtones, alors même que le changement climatique aggrave les multiples formes d’oppression coloniale. En s’appuyant sur les expériences vécues par la nation Tŝilhqot’in avant, pendant et après les feux de forêt d’une ampleur sans précédent qui ont ravagé son territoire (en Colombie-Britannique, au Canada), cet article décrit comment les Tŝilhqot’in recourent à des stratégies de résistance face à l’autorité présumée de l’État et à la renaissance de leurs propres lois et de leur propre juridiction en réponse à l’urgence climatique. Ces feux de forêt d’une ampleur sans précédent illustrent de façon frappante comment les lois et les politiques coloniales se sont combinées au cours d’un siècle pour engendrer l’urgence climatique. Et pourtant, les discours dominants sur les changements climatiques et l’urgence climatique ne font que reproduire l’effacement, la vulnérabilité et la marginalisation des Autochtones. À contre-courant de ces discours, la nation Tŝilhqot’in a mis en place des mesures d’urgence sophistiquées face à l’État. De plus, les feux de forêt ont incité les communautés Tŝilhqot’in à redynamiser des lois et des responsabilités profondément enracinées en matière de gestion du feu afin de prendre soin de la terre, de la faune et les uns des autres face à la crise climatique qui s’accélère. Les expériences de la nation Tŝilhqot’in en matière de réappropriation du feu montrent comment la renaissance autochtone offre des voies de sortie de la crise climatique tout en s’attaquant à ses racines coloniales et en décolonisant les réponses qui y sont apportées.
Re-introducing fire as a process - Restoring disrupted fire regimes across landscapes
The Columbia Region Ecological Discussions include speakers addressing a diversity of topics such as science communication, active ecological management, citizen science, research skills and techniques, applied ecological research projects, and more. This is Webinar 3 of 7 in Foundations of Resilience - Understanding departures from historical ecosystems and adapting for resilient futures.
Les « Columbia Region Ecological Discussions » accueillent des conférenciers qui abordent une grande variété de sujets, tels que la communication scientifique, la gestion écologique active, la science citoyenne, les compétences et techniques de recherche, les projets de recherche écologique appliquée, et bien plus encore. Il s’agit du troisième webinaire d’une série de sept intitulée « Fondements de la résilience – Comprendre les écarts par rapport aux écosystèmes historiques et s’adapter pour un avenir résilient ».
Restoring Fire-Adapted Ecosystems in B.C.
In this webinar, Dr. Jen Baron covers the historical context of active fire regimes, their disruption throughout the twentieth century, the consequences for fuels and forest structure, and how active landscape-level management can restore fire as a process. Impacts on wildlife and habitat are also covered.
Dans ce webinaire, la Dre Jen Baron aborde le contexte historique des régimes de feux actifs, leur perturbation tout au long du XXe siècle, les conséquences sur les combustibles et la structure forestière, ainsi que la manière dont une gestion active à l’échelle du paysage peut rétablir le feu en tant que processus. Les répercussions sur la faune et l’habitat sont également abordées.
Situating Indigenous knowledge for resilience in fire-dependent social-ecological systems
With the growing challenge of addressing modern fire risk, land managers and researchers are increasingly looking to Indigenous knowledge as a primary source of information for enabling resilience of fire-dependent social-ecological systems (SES). Although this is an important step forward for recognizing the contribution of Indigenous peoples to fire-dependent landscapes, current SES research in fire contexts views knowledge as detached from power, reflecting a critique in SES resilience research more broadly. Integrating Indigenous knowledge into dominant colonial management paradigms (such as “command and control” management of fire) without attention to these power asymmetries will lead to inequitable solutions to modern wildfire challenges. To address this gap, we employ the concept of situated resilience—which views knowledge as a process contextualized within power dynamics—to a case study of a fire-dependent SES in the traditional territory of the T'exelc (Williams Lake First Nation), in the land now known as British Columbia, Canada. Through a “collaborative experiment” research design that incorporated iterative, long-term, ethical research relationships guiding knowledge co-production in forest walks, we engaged with T'exelc Elders, archaeologists, and forest managers to explore the context of Indigenous fire knowledge and situate Indigenous definitions of resilience in future forest management. Results indicate that for the T'exelc, the intentional use of fire to support their livelihoods was lost due to colonialism. This colonial context disrupted place-based, intergenerational knowledge transmission and resulted in forest management devoid of respect. However, employing the concept of situated resilience moved us beyond a preoccupation with the content of fire knowledge toward actively shifting the colonial context in which T'exelc knowledge was embedded. Through our collaborative experiment, and the trust built among T'exelc Elders, archaeologists, and forest managers, future forest management will more directly work to restore intergenerational knowledge exchange and respect and situate Indigenous-led resilience to modern wildfire challenges.
Face au défi croissant que représente la gestion des risques d’incendie modernes, les gestionnaires des terres et les chercheurs se tournent de plus en plus vers les savoirs autochtones comme source principale d’information pour renforcer la résilience des systèmes socio-écologiques (SSE) dépendants du feu. Bien qu’il s’agisse d’un pas en avant important pour la reconnaissance de la contribution des peuples autochtones aux paysages dépendants du feu, la recherche actuelle sur les SSE dans le contexte des incendies considère ces savoirs comme dissociés du pouvoir, ce qui reflète une critique plus générale de la recherche sur la résilience des SSE. L’intégration des savoirs autochtones dans les paradigmes de gestion coloniaux dominants (tels que la gestion des feux selon le principe « de commandement et de contrôle ») sans tenir compte de ces asymétries de pouvoir mènera à des solutions inéquitables face aux défis posés par les feux de forêt modernes. Pour combler cette lacune, nous appliquons le concept de résilience située — qui considère le savoir comme un processus contextualisé au sein des dynamiques de pouvoir — à une étude de cas portant sur un SES dépendant du feu situé sur le territoire traditionnel des T’exelc (Première Nation de Williams Lake), sur le territoire aujourd’hui connu sous le nom de Colombie-Britannique, au Canada. Grâce à un modèle de recherche de type « expérience collaborative » — qui intégrait des relations de recherche itératives, à long terme et éthiques, guidant la coproduction de connaissances lors de promenades en forêt —, nous avons collaboré avec des aînés T’exelc, des archéologues et des gestionnaires forestiers afin d’explorer le contexte des connaissances autochtones sur le feu et de situer les définitions autochtones de la résilience dans la gestion forestière future. Les résultats indiquent que, pour les T’exelc, l’utilisation intentionnelle du feu pour soutenir leurs moyens de subsistance a été perdue en raison du colonialisme. Ce contexte colonial a perturbé la transmission des savoirs ancrés dans le lieu et transmis de génération en génération, et a donné lieu à une gestion forestière dépourvue de respect. Cependant, le recours au concept de résilience située nous a permis de dépasser une préoccupation exclusive pour le contenu des connaissances sur le feu afin de nous orienter vers une transformation active du contexte colonial dans lequel s’inscrivaient les connaissances des T’exelc. Grâce à notre expérience collaborative et à la confiance établie entre les aînés T’exelc, les archéologues et les gestionnaires forestiers, la gestion forestière future s’efforcera plus directement de rétablir l’échange intergénérationnel de connaissances et le respect, et d’ancrer la résilience dirigée par les Autochtones face aux défis modernes liés aux feux de forêt.
The challenge with preparing for wildfires in B.C.
Canada went through its most destructive wildfire season in 2023. Wildfire services rely on data, forestry photography and mapping as a way to proactively control forest fires. However, a recent study in B.C. has found that the data being used is inaccurate and insufficient. Jen Baron, lead author of the study and PhD candidate at UBC’s Department of Conservation and Forestry, explains the inaccuracies in the data, the problems it creates and the ways it could be improved.
Le Canada a connu sa saison de feux de forêt la plus destructrice en 2023. Les services de lutte contre les feux de forêt s’appuient sur des données, la photographie forestière et la cartographie pour contrôler de manière proactive les feux de forêt. Cependant, une étude récente menée en Colombie-Britannique a révélé que les données utilisées sont inexactes et insuffisantes. Jen Baron, auteure principale de l’étude et doctorante au Département de conservation et de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique, explique les inexactitudes dans les données, les problèmes qu’elles engendrent et les moyens de les améliorer.
The contribution of Indigenous stewardship to an historical mixed-severity fire regime in British Columbia, Canada
Indigenous land stewardship and mixed-severity fire regimes both promote landscape heterogeneity, and the relationship between them is an emerging area of research. In our study, we reconstructed the historical fire regime of Ne Sextsine, a 5900-ha dry, Douglas fir–dominated forest in the traditional territory of the T'exelc (Williams Lake First Nation) in British Columbia, Canada. Between 1550 and 1982 CE, we found median fire intervals of 18 years at the plot level and 4 years at the study-site level. Ne Sextsine was characterized by an historical mixed-severity fire regime, dominated by frequent, low-severity fires as indicated by fire scars, with infrequent, mixed-severity fires indicated by cohorts. Differentiating low- from mixed-severity plots over time was key to understanding the drivers of the fire regime at Ne Sextsine. Low-severity plots were coincident with areas of highest use by the T'exelc, including winter village sites, summer fishing camps, and travel corridors. The high fire frequency in low-severity plots ceased in the 1870s, following the smallpox epidemic, the forced relocation of Indigenous peoples into small reserves, and the prohibition of Indigenous burning. In contrast, the mixed-severity plots were coincident with areas where forest resources, such as deer or certain berry species, were important. The high fire frequency in the mixed-severity plots continued until the 1920s when industrial-scale grazing and logging began, facilitated by the establishment of a nearby railway. T'exelc oral histories and archeological evidence at Ne Sextsine speak to varied land stewardship, reflected in the spatiotemporal complexity of low- and mixed-severity fire plots. Across Ne Sextsine, 63% of cohorts established and persisted in the absence of fire after colonial impacts beginning in the 1860s, resulting in a dense, homogeneous landscape that no longer supports T'exelc values and is more likely to burn at uncharacteristic high severities. This nuanced understanding of the Indigenous contribution to a mixed-severity fire regime is critical for advancing proactive fire mitigation that is ecoculturally relevant and guided by Indigenous expertise.
L’intendance autochtone de feu et les régimes d’incendies à intensité mixte favorisent tous deux l’hétérogénéité du paysage, et la relation entre ces deux facteurs constitue un domaine de recherche émergent. Dans notre étude, nous avons reconstitué le régime d’incendies historique de Ne Sextsine, une forêt sèche de 5 900 ha dominée par le sapin de Douglas, située sur le territoire traditionnel des T’exelc (Première Nation de Williams Lake) en Colombie-Britannique, au Canada. Entre 1550 et 1982 de notre ère, nous avons constaté des intervalles médians entre les feux de 18 ans à l’échelle des parcelles et de 4 ans à l’échelle du site d’étude. Ne Sextsine se caractérisait par un régime historique d’incendies à gravité mixte, dominé par des feux fréquents et de faible gravité, comme l’indiquent les cicatrices de feu, et par des feux peu fréquents à gravité mixte, mis en évidence par les cohortes. La distinction entre les parcelles à faible intensité et celles à intensité mixte au fil du temps a été essentielle pour comprendre les facteurs déterminants du régime de feux à Ne Sextsine. Les parcelles à faible intensité coïncidaient avec les zones les plus fréquentées par les T’exelc, notamment les sites de villages d’hiver, les camps de pêche d’été et les couloirs de déplacement. La forte fréquence des feux dans les parcelles à faible intensité a pris fin dans les années 1870, à la suite de l’épidémie de variole, du déplacement forcé des peuples autochtones vers de petites réserves et de l’interdiction des brûlages traditionnels. En revanche, les parcelles à intensité mixte coïncidaient avec des zones où les ressources forestières, telles que le cerf ou certaines espèces de baies, revêtaient une importance particulière. La fréquence élevée des feux dans les parcelles à gravité mixte s’est maintenue jusqu’aux années 1920, lorsque le pâturage et l’exploitation forestière à l’échelle industrielle ont commencé, facilités par la mise en service d’une ligne de chemin de fer à proximité. Les récits oraux des T’exelc et les données archéologiques de Ne Sextsine témoignent d’une gestion variée du territoire, qui se reflète dans la complexité spatio-temporelle des parcelles ayant subi des feux de faible et de gravité mixte. Sur l’ensemble du site de Ne Sextsine, 63 % des cohortes se sont établies et ont persisté en l’absence d’incendie après les impacts coloniaux ayant débuté dans les années 1860, ce qui a donné lieu à un paysage dense et homogène qui ne reflète plus les valeurs des T’exelc et qui est plus susceptible de brûler à des niveaux de gravité inhabituellement élevés. Cette compréhension nuancée de la contribution autochtone à un régime de feux de gravité mixte est essentielle pour faire progresser une atténuation proactive des feux qui soit pertinente sur le plan écoculturel et guidée par l’expertise autochtone.
The right to burn: barriers and opportunities for Indigenous-led fire stewardship in Canada
Indigenous fire stewardship enhances ecosystem diversity, assists with the management of complex resources, and reduces wildfire risk by lessening fuel loads. Although Indigenous Peoples have maintained fire stewardship practices for millennia and continue to be keepers of fire knowledge, significant barriers exist for re-engaging in cultural burning. Indigenous communities in Canada have unique vulnerabilities to large and high-intensity wildfires as they are predominately located in remote, forested regions and lack financial support at federal and provincial levels to mitigate wildfire risk. Therefore, it is critical to uphold Indigenous expertise in leading effective and socially just fire stewardship. In this perspective, we demonstrate the benefits of cultural burning and identify five key barriers to advancing Indigenous fire stewardship in Canada. We also provide calls to action to assist with reducing preconceptions and misinformation and focus on creating space and respect for different knowledges and experiences. Despite growing concerns over wildfire risk and agency-stated intentions to establish Indigenous Peoples as partners in wildfire management, power imbalances still exist. The future and coexistence with fire in Canada needs to be a shared responsibility and led by Indigenous Peoples within their territories.
L'intendance autochtone de feu favorise la diversité des écosystèmes, facilite la gestion de ressources complexes et réduit le risque d’incendies de forêt en diminuant la charge combustible. Bien que les peuples autochtones aient maintenu des pratiques de gestion du feu depuis des millénaires et continuent d’être les gardiens du savoir en la matière, d’importants obstacles entravent la reprise des brûlages culturels. Les communautés autochtones du Canada sont particulièrement vulnérables aux feux de forêt de grande ampleur et de forte intensité, car elles sont principalement situées dans des régions forestières éloignées et ne bénéficient pas d’un soutien financier aux niveaux fédéral et provincial pour atténuer ce risque. Il est donc essentiel de valoriser l’expertise autochtone afin de mener une gestion du feu efficace et socialement juste. Dans cette optique, nous démontrons les avantages des brûlages culturels et identifions cinq obstacles clés à la promotion de l’intendance autochtone de feu au Canada. Nous formulons également des appels à l’action visant à réduire les préjugés et la désinformation, et nous mettons l’accent sur la création d’un espace propice au respect des différents savoirs et expériences. Malgré les préoccupations croissantes concernant le risque d’incendie de forêt et les intentions exprimées par les organismes de faire des peuples autochtones des partenaires dans la gestion des incendies de forêt, des déséquilibres de pouvoir persistent. L’avenir et la coexistence avec le feu au Canada doivent relever d’une responsabilité partagée et être dirigés par les peuples autochtones au sein de leurs territoires.
Transforming fire governance in British Columbia, Canada: an emerging vision for coexisting with fire
The dominant command and control fire governance paradigm is proven ineffective at coping with modern wildfire challenges. In response, jurisdictions globally are calling for transformative change that will facilitate coexisting with future fires. Enacting transformative change requires attention to historical governance attributes that may enable or constrain transformation, including diverse actors, objectives, worldviews of fire, decision-making processes and power, legislation, and drivers of change. To identify potential pathways for transformative change, we systematically examined the history of fire governance attributes in British Columbia (BC), Canada (until 2020), a region that has experienced seven catastrophic fire seasons in the twenty-first century. By reviewing 157 provincial historical documents and interviewing 19 fire experts, we delineated five distinct governance eras that demonstrated the central role of government actors with decision-making power shaping fire governance through time, superseding First Nations fire governance starting in the 1870s. The emerging vision for transformation proposed by interviewees focuses on the need for increased decision-making power for community actors, yet legacies of entrenched government power and organizational silos between fire and forestry continue to constrain transformation. Although progress to overcome constraints has been made, we argue that enabling transformative change in fire governance in BC will require intervention by the provincial government to leverage modern drivers of change, including recent catastrophic fire seasons and reconciliation with First Nations.
Le modèle dominant de gouvernance des feux, fondé sur le commandement et le contrôle, s’est révélé inefficace pour relever les défis posés par les feux de forêt modernes. En réponse, les autorités du monde entier réclament un changement transformateur qui facilitera la coexistence avec les feux à venir. La mise en œuvre d’un tel changement nécessite de prêter attention aux caractéristiques historiques de la gouvernance susceptibles de favoriser ou de freiner cette transformation, notamment la diversité des acteurs, des objectifs, des visions du feu, des processus décisionnels et des rapports de force, de la législation et des moteurs du changement. Afin d’identifier des voies possibles vers un changement transformateur, nous avons examiné de manière systématique l’histoire des caractéristiques de la gouvernance des feux en Colombie-Britannique (C.-B.), au Canada (jusqu’en 2020), une région qui a connu sept saisons de feux catastrophiques au XXIe siècle. En analysant 157 documents historiques provinciaux et en menant des entrevues auprès de 19 experts en incendies, nous avons délimité cinq époques distinctes de gouvernance qui ont démontré le rôle central des acteurs gouvernementaux dotés d’un pouvoir décisionnel dans l’évolution de la gouvernance des incendies au fil du temps, supplantant la gouvernance des incendies des Premières Nations à partir des années 1870. La vision émergente de transformation proposée par les personnes interrogées met l’accent sur la nécessité d’accroître le pouvoir décisionnel des acteurs communautaires; toutefois, l’héritage d’un pouvoir gouvernemental bien ancré et les cloisonnements organisationnels entre les secteurs des incendies et de la foresterie continuent de freiner cette transformation. Bien que des progrès aient été réalisés pour surmonter ces contraintes, nous soutenons que pour permettre un changement transformateur dans la gouvernance des incendies en C.-B., il faudra une intervention du gouvernement provincial afin de tirer parti des moteurs modernes du changement, notamment les récentes saisons d’incendies catastrophiques et la réconciliation avec les Premières Nations.