Memorial University of Newfoundland
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Breathing Fire into Landscapes that Burn: Wildfire Management in a Time of Alterlife
Across the globe, settler nation-states are being forced to contend with the large-scale ecological and social disruptions caused by settler colonialism. Wildfires are a charismatic example of this: when anthropogenic climate change combines with colonial forest management practices, wildfires act in ever changing ways with often violent and uneven impacts to human and nonhuman life. In a context of environmental change, managers, fire ecologists, and politicians alike are increasingly looking to reintroduce fire as a way of restoring “natural” forest landscapes while reducing fire suppression costs. In this paper, I examine one such policy of fire re-integration, in what is currently the Canadian province of Saskatchewan, the homelands of more than 50,000 Indigenous people (Cree, Dakota, Dene, Métis) who live in the province’s Boreal Forest region. In 2004, the Province implemented a controversial policy that locals colloquially refer to as “Let-it-Burn,” where fires are allowed to burn until they encroach upon something designated of “value” (typically human life, community structures, public infrastructure, and commercial timber). While wildfire managers, scientists, and politicians alike consistently advocate for policies of fire-reintegration as ecologically-sound and financially responsible ways forward with fire management, many locals have argued that “Let-it-Burn” is a direct affront to Indigenous sovereignty, destroying contemporary forest landscapes and rebuilding them through state-sanctioned settler values. Breathing fire back into landscapes that burn is a peculiar solution that at once acknowledges and erases the effects of fire’s removal through policies of restoration that risk ignoring the ongoingness of life in forested areas. Through interviews and archival and ethnographic fieldwork, this paper traces the history of the province’s “Let-it-Burn” policy, asking the question, “how to burn well in compromised lands?” As a way forward with fire reintegration (or not), I highlight the necessity of Indigenous partnership, leadership, and direction within fire management practices on Indigenous territory, which may include fire suppression. This paper adds to STS scholarship on ecological ruination and alterlife, arguing that wildfire management practices are likely to cause harm so long as the effects of settler colonialism are placed in the past and Indigenous rebuilding is erased.
Partout dans le monde, les États-nations coloniaux sont contraints de faire face aux perturbations écologiques et sociales à grande échelle causées par le colonialisme de peuplement. Les feux de forêt en sont un exemple frappant : lorsque le changement climatique d’origine humaine se combine aux pratiques coloniales de gestion forestière, les feux de forêt se manifestent de façons sans cesse changeantes, avec des répercussions souvent violentes et inégales sur la vie humaine et non humaine. Dans un contexte de changements environnementaux, les gestionnaires, les écologistes spécialisés dans les feux de forêt et les responsables politiques cherchent de plus en plus à réintroduire le feu comme moyen de restaurer des paysages forestiers « naturels » tout en réduisant les coûts liés à la lutte contre les incendies. Dans cet article, j’examine l’une de ces politiques de réintégration du feu, mise en œuvre dans ce qui est actuellement la province canadienne de la Saskatchewan, terre ancestrale de plus de 50 000 Autochtones (Cris, Dakotas, Dénés, Métis) qui vivent dans la région de la forêt boréale de la province. En 2004, la province a mis en œuvre une politique controversée que les habitants appellent familièrement « Let-it-Burn » (laisser brûler), selon laquelle on laisse les feux brûler jusqu’à ce qu’ils empiètent sur ce qui est désigné comme ayant une « valeur » (généralement la vie humaine, les structures communautaires, les infrastructures publiques et le bois d’œuvre commercial). Alors que les gestionnaires des feux de forêt, les scientifiques et les politiciens préconisent sans relâche des politiques de réintégration du feu comme moyens écologiquement sains et financièrement responsables pour l’avenir de la gestion des feux, de nombreux habitants affirment que « Let-it-Burn » constitue une atteinte directe à la souveraineté autochtone, détruisant les paysages forestiers contemporains pour les reconstruire selon des valeurs coloniales sanctionnées par l’État. Redonner vie aux paysages par le feu est une solution singulière qui, à la fois, reconnaît et efface les effets de l’élimination du feu par des politiques de restauration qui risquent d’ignorer la continuité de la vie dans les zones forestières. À travers des entrevues, des recherches d’archives et un travail de terrain ethnographique, cet article retrace l’histoire de la politique « Laisser brûler » de la province, en posant la question suivante : « Comment bien brûler sur des terres fragilisées? » Comme voie à suivre pour la réintégration du feu (ou non), je souligne la nécessité d’un partenariat, d’un leadership et d’une orientation autochtones dans les pratiques de gestion des feux sur les territoires autochtones, ce qui peut inclure la lutte contre les feux. Cet article vient enrichir la recherche en sciences, technologies et société (STS) sur la ruine écologique et l’« alterlife », en soutenant que les pratiques de gestion des feux de forêt sont susceptibles de causer des dommages tant que les effets du colonialisme des colons sont relégués au passé et que la reconstruction autochtone est effacée.